« Le Murmure des Attentes », publié chez Lucane Editions, n’échappe pas à la règle d’écriture de tous mes romans : il est né d’un « fait divers », le plus divers d’entre tous sans doute. Je devais aller chercher ma fille, Chloé, à son collège à 15h00 et je n’ai pu venir la chercher avant 17h00. Elle a donc dû faire deux heures d’étude et m’a retrouvé à la sortie du collège particulièrement furieuse.
- J’ai attendu deux heures papa, tu entends deux heures en étude ! Tu imagines ?
Et là, j’ai tilté !
- Un roman sur l’attente, ce serait une belle idée, non ? Qu’en penses-tu ?
Au même moment, à la radio, France Info annonçait la libération de la journaliste Florence Bouvier. Et là, un thème s’est rajouté : celui de l’attente d’une journaliste dans une cave blessée de Syrie. J’ai commencé à écrire le roman, un peu au hasard, et mes personnages ont commencé à sortir de terre.
Deux mois plus tard, les grandes vacances commençaient et nous sommes partis chez mes parents à Bergerac. Et là, je suis tombé par le plus pur des hasards sur un article de journal dans « Le Démocrate », qui parlait de supplétifs indochinois déportés en 1915 pour construire la poudrerie de Bergerac. J’ignorais totalement cet événement alors même que mon père a travaillé dans cette poudrerie pendant près de 10 ans. En évoquant le sujet avec lui, il ignorait d’ailleurs cette réalité.
J’ai décidé d’enquêter sur cette réalité que j’ignorais et que je n’ai jamais apprise à l’école de l’Alba à Bergerac lorsque j’étais gamin. J’ai tout appris sur l’histoire de la Dordogne, tout sauf ces hommes qui n’ont eu droit à aucune phrase, aucun mot, aucune virgule. L’histoire les a oubliés pendant près de 97 ans avant qu’une plaque commémorative ne soit apposée par la ville de Bergerac.
Après la lecture de cet article, j’ai donc été à la médiathèque sur les recommandations d’une amie, Karine Sageaux. Et là, j’ai découvert la réalité de ces hommes qui ont fait sortir la poudrerie de terre…
J’ai donc intégré cela à mon récit et le personnage de Hô s’est naturellement imposé.
La suite, vous la découvrirez en lisant mon roman !

Le premier titre que j’ai donné au roman était « Attentes », mais je trouvais qu’il n’exprimait pas bien tout ce que j’allais raconter dans le roman. Certaines de ces attentes ressemblaient à des murmures, pour certaines inavouables, pour d’autres inaudibles. Et l’attente de ces Indochinois, mais aussi de tous ceux qui attendent, aujourd’hui comme hier, me semblait nécessiter un titre qui incite le lecteur à prendre le livre. C’est ainsi que le titre « Le Murmure des Attentes » s’est naturellement imposé. Et mon éditeur, Lucane éditions, ne l’a pas remis en cause.